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Psychiatrie et neurosciences

La psychiatrie - soutenue par les découvertes en neurosciences - est également au centre de cette question du Libre Arbitre (LA).

Dans les sociétés occidentales, nous sommes passés de l’homosexualité comme « crime » passible de la peine de mort (par « faute » mortelle du Libre Arbitre) à une forte discrimination sociale (Code Civil Napoléon), puis au statut de « maladie » (perversion du LA), avant la « normalisation » récente (PACS et mariage pour tous...) de ce qui n’est en fait qu’une orientation sexuelle indépendante de tout contrôle de la volonté.

Nombre de situations psychiatriques sont ainsi passées historiquement du statut de « possession diabolique » - tel le syndrome de Gilles de la Tourette nécessitant exorcismes et tortures - à celui d’une maladie de la volonté (médecin Jean-Marc Gaspard), pour finir par être une maladie génétique où le LA n’a évidemment aucune place.

Actuellement, la plupart des psychiatres, psychanalystes, psychologues et neuroscientifiques se disent plutôt matérialistes avec de gros doutes concernant une réalité ontologique du Libre Arbitre. Mais ils gardent généralement une certaine réserve sur le sujet en se montrant plutôt compatibilistes (= des déterminants certes, mais pas que !) : ils sont donc en fait bien plus spiritualistes que matérialistes dans la mesure où ils laissent un espace pour une explication surnaturelle du comportement humain. Pourtant, Freud - partisan d’un déterminisme psychique absolu - n’y était pas allé de main morte en traitant la croyance du LA, cette illusion d’une liberté psychique, comme une ineptie.

Tout ceci n’est pas sans conséquences sur l’exercice médical et psychiatrique : peut-on « sermonner » et « culpabiliser » un patient qui ne prend pas son traitement car il pouvait faire (aurait dû) mieux ? Ou doit-on considérer que s’il ne se traite pas correctement, il faudrait plutôt comprendre quelles en sont les « raisons », c’est-à-dire les déterminants en cause afin d’aider ce patient (problème de mémoire / dépression sous-jacente etc.) ? Le pire serait un praticien qui décide de ne plus soigner son patient parce ce dernier ne suit pas les instructions de l’ordonnance ... Erreur déontologique qui n’est malheureusement pas si rare !

Ce LA est également au centre des expertises médico-légales lorsqu’il s’agit d’affirmer que le criminel possédait un LA complet, voire un peu, voire complètement aboli lors des faits reprochés, ceci afin de l’orienter vers la case prison ou la case hôpital. Le plus merveilleux étant qu’il peut être redevable des deux : prison avec obligation de soins. Est-il malade ou coupable, ce criminel ? 1/3 2/3 ? Ou l’inverse ? Le poids des doutes plus que légitimes concernant la réalité d’un LA ontologique a conduit à ne plus parler du LA du prévenu en cours d’assise, mais à user plutôt d’expressions cache-misère comme le « discernement » ou le « contrôle des actes », ce qui revient très exactement à convoquer le Libre Arbitre. Mais il ne faudrait pas qu’un avocat puisse remette en cause la réalité du LA dans sa plaidoirie en convoquant des philosophes ou des scientifiques ! Un expert psychiatre confiait à ce propos : « On ne nous pose jamais la question du Libre Arbitre (...) Je pense qu’un expert qui répondrait en termes philosophiques serait vite remis dans le droit chemin par le président, qui dirait : Écoutez monsieur, vous avez peut-être des idées, mais enfin ce n’est peut-être pas ici que vous pouvez en débattre. »

Nous verrons plus en détail dans la rubrique « Justice » cette grave question qui mélange indument une punition injuste dans un paradigme sans LA et la défense sociale nécessaire malgré l’absence de LA.

Voici un diaporama qui précise des points importants (environ 20 minutes de lecture).